Synthèse des travaux de l’atelier de concertation, tenu au niveau de la chambre d’agriculture à Biskra, le 4 janvier 2016.

Présentation de l’étude d’inventaire des ouvrages et infrastructures de prélèvement
d’eau du domaine public hydraulique à usage agricole – wilaya de biskra par l’ABHSahara

Président de la séance : MOUSSAOUI Mohamed (Cadre expert ANAAT Biskra)
Rapporteurs : M. MESSAK Mohamed Ridha (Professeur université de Biskra)
M.ABDI Ali (cadre supérieur DRE Biskra)

Dans le cadre de la présentation des résultats de l’étude d’inventaire des ouvrages et infrastructures de prélèvements d’eau à usage agricole dans la wilaya de Biskra, l’ABHSahara a organisé le lundi 4 janvier 2016 au niveau de la salle des conférences de la chambre d’agriculture de Biskra, un atelier participatif pour une concertation avec les acteurs des secteurs des ressources en eau (ANRH, DRE), de l’agriculture (DSA, ITIDAS, CAW), de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Institut des sciences agronomiques, institut d’hydrogéologie), et les associations activant dans le domaine (liste de participants ci-jointe).
L’ouverture de l’atelier s’est effectuée par le président de la chambre agricole de la wilaya, en l’occurrence M. GUEMARI Messaoud, qui a souligné l’extrême importance de ce type d’études, pour éclairer la profession sur l’état et le potentiel de la PMH de la wilaya, ou le développement est lié quasi-exclusivement à l’agriculture. La profession a considéré que cette étude est venue au moment opportun et a félicité l’ABHSahara pour sa réalisation. Et a également indiqué que, la problématique de la dynamique agricole de la wilaya est avant tout, d’ordre hydro-agricole.
L’intervention de M. le Directeur de l’ABHSahara, par la présentation d’une communication intitulée : Actualisation de l’inventaire des ouvrages et infrastructures de prélèvement d’eau du DPH à usage agricole (Wilaya de Biskra), a synthétisé, l’apport de l’étude et les résultats de l’enquête du terrain.
Durant son intervention, a rappelé que cette étude a été confiée par l’AGIRE, en vue d’actualiser l’étude SOGHREAH de 2008. Compte tenu de son importance agricole, de gros moyens ont été mobilisés dont plus de 15 000 points d’eau ont été inventoriés.
Le bureau d’étude Gétic en charge de la partie cartographie et SIG, a présenté la cartographie de l’occupation du sol de la wilaya de Biskra, réalisée par l’utilisation des images Landsat 8 de la période allant de septembre 2014 à la fin de mai 2015 à l’échelle du 1/50 0000°. Les résultats obtenus ont été vérifiés sur terrain et validés par les équipes de l’ABHsahara et de l’agriculture (délégués communaux).
La carte de l’occupation du sol de la wilaya de Biskra fait ressortir l’importance de l’agriculture dans cette région, ce qui se traduit par une superficie agricole occupée de l’ordre de 208 651,50 ha.
L’étude montre un écart entre la SAU cartographiée et celle de la DSA de 23 178,5 ha, ce qui représente un taux de 11%, cet écart rapporté à la surface agricole totale de la wilaya est de 1,41%, ce qui reflète un résultat satisfaisant.
Par rapport aux systèmes d’irrigation adoptés par les irrigants, l’étude montre la prédominance du gravitaire, avec plus de 70%.
Lors du débat, les intervenants se sont accordés sur l’importance de cette étude et ses résultats.
Le représentant de l’ANRH a souligné le potentiel important en eau de la wilaya de Biskra, prélevé des nappes souterraines pour les besoins agricoles, doit être géré rationnement, dont un effort en matière d’économie d’eau est impérieux. Il a rappelé que, la wilaya de Biskra couvre une bonne partie d’approvisionnement du territoire national notamment en produits maraichers. Cependant, toute décision et règlementation, relatives à l’utilisation de l’eau dans la wilaya de Biskra, nécessitent d’être en faveur de sa dynamique agricole actuelle, et les objectifs socio-économiques inhérents.
Le représentant de la DRE, M.ABDI Ali, a indiqué que les données présentées par l’ABHSahara reflètent en grande partie la base de données de la DRE, notamment le volume d’eau exploité dans l’activité agricole qui dépasse le 1 milliard de m3/an. Il souligne le recours aux autres ressources alternatives en vue d’atténuer la pression sur les nappes souterraines par l’exploitation des eaux usées épurées dont 7 STEPs, sont à 80 % de réalisation avec un projet de lagunage à Tolga.
Il a illustré le cas des types d’ouvrages sur le plan qualité et le non respect des normes de construction, ce qui induit à un mauvais captage des eaux et à un rétrécissement de la durée de vie de l’ouvrage, il propose en conséquence de prévoir dans les modalités de délivrance d’autorisation de forages, l’aspect technique de réalisation de l’ouvrage par un programme adéquat de fonçage et d’équipement du forage.
Le représentant de l’ITIDAS, M.Yamani Mohamed, a axé son intervention sur la gratuité de l’eau qui ne donne lui aucune valeur, et tant que l’usager ne paye pas l’eau au moins à titre symbolique, le gaspillage subsiste toujours, et a soulevé également le problème de la salinisation des sols dans certaines zones, telles que Lioua et Zribet el-Oued.
Les représentants de l’Université, les professeurs LABADI et DEBABECHE, ont souligné l’importance de ce type d’études, de l’approche participative (à tous les niveaux de son élaboration) et ont recommandé l’amélioration des moyens (financiers et humains) et les délais de réalisation, pour aboutir à des résultats à la hauteur des enjeux du développement durable et la gestion intégrée de cette ressource rare. Il serait judicieux de compléter ce genre d’études par d’autres dans le domaine d’hydrogéologie et de piézométrie qui sont nécessaires à la compréhension des nappes exploitées.
Le président de la CAW, dans une intervention de clôture a précisé que toute décision centrale, en matière d’eau, nécessite d’encourager la dynamique agricole de la wilaya de Biskra. Et a ajouté qu’il est temps d’inciter les irrigants à adopter l’économe d’eau (l’irrigation localisée), à travers une politique publique, cohérente, globale et intégrée, basée, entre autres, sur une subvention adéquatement incitative et une vulgarisation rapprochée à la hauteur de leurs besoins. Ainsi de concrétiser les projets de valorisation des ressources en eau non conventionnelles et réaliser les objectifs de mobilisation des eaux superficielles dans certaines régions dans la wilaya (deux barrages sont prévus, mais non réalisés).