ATELIER D’INFORMATION ET DE SENSIBILISATION A L’ECONOMIE DE L’EAU

ATELIER D’INFORMATION ET DE SENSIBILISATION A L’ECONOMIE DE L’EAU

RENCONTRE :

 ACTEURS DES SECTEURS DE L’EAU ET DE L’AGRICULTURE- AGRICULTEURS 

THÈME

  UTILISATION RATIONNELLE DE L’EAU POUR LE DEVELOPPEMENT

 DE L’AGRICULTURE DANS LES ZONES ARIDES.

Biskra, les 16 et 17 novembre 2016

Introduction

L’AGIRE par le biais de son démembrement territorial, l’Agence de bassin hydrographique Sahara (ABHS), a organisé en collaboration avec l’université de Mohamed Kheider, la DRE et la DSA et la chambre d’agriculture, un atelier de travail, sur le thème ‘’L’utilisation rationnelle de l’eau pour le développement  de l’agriculture dans les  zones arides’’, qui s’est  déroulée les 16 et 17 novembre 2016 à Tolga (Biskra), ayant regroupé les principaux acteurs des secteurs de l’eau et de l’agriculture,  de la wilaya de Biskra.

L’objectif principal de l’organisation de cette rencontre est la concrétisation sur terrain du programme national de sensibilisation à l’économie de l’eau, tracé par la tutelle (Ministère des Ressources en eau et de l’Environnement), destiné aux différents secteurs d’activités, notamment le secteur agricole gros consommateur d’eau, et ce, suite aux recommandations du regroupement des cadres du secteur, tenu à Alger les 17 et 18 septembre 2016.

L’intérêt de cette rencontre de même que le lieu choisi se justifie surtout, par le développement important qu’a connu la région des Ziban dans le domaine hydro-agricole et également de débattre avec les différents spécialistes en la matière, les contraintes que rencontrent les agriculteurs de la région pour la généralisation des systèmes d’irrigation économes d’eau et d’étudier les possibilités d’étendre les superficies irriguées à partir des eaux conventionnelles mobilisées par le recours aux ressources en eau non conventionnelles dans un proche avenir avec la réutilisation des eaux usées épurées pour l’agriculture, afin d’atténuer la demande de plus en plus croissante sur les eaux souterraines.

Déroulement des travaux

La cérémonie inaugurale des travaux de la rencontre a été ouverte par le directeur général de l’AGIRE, M.DERAMCHI Mohamed, qui a fait une brève intervention sur la situation des ressources en eau de la wilaya de Biskra, qui dépend entièrement des nappes d’eau souterraines, dont les prélèvements dépassent de 300 millions de m3 les réserves d’eau pouvant être exploitées annuellement et a insisté sur la nécessité de la conversion des méthodes d’irrigation traditionnelle qui avoisinent les 65 % par des pratiques plus modernes et économisatrices d’eau, ce qui permettrait d’éviter le gaspillage d’eau que connait cette région.

Quant au président de la chambre de l’agriculture de la wilaya de Biskra, M
.Messaoud GUEMARI, qui a reconnu que la situation des ressources en eau dans la wilaya est très préoccupante du faite que les agriculteurs se plaignent du manque d’eau dans certaines zones et que la gestion participative de la ressource en eau doit faire l’objet d’une coordination intersectorielle (agriculture et ressource en eau), afin de mieux maitriser  son utilisation, d’autant plus qu’une partie est non renouvelable.

Les travaux de la rencontre ont débutée par la projection d’un film documentaire de court métrage de 13 minutes réalisé par l’institut national de vulgarisation agricole (INVA), sur le rôle de l’association des irrigants de la willaya de RELIZANE dans la préservation des ressources hydriques de la région par un système de partage d’eau équilibré.

Par la suite, plusieurs communications ont été présentées par des éminents spécialistes en la matière, dont les thèmes abordés
sont les suivants :

1 – Evaluation des ressources en eau

2 – Valorisation des ressources en eau

3- Atténuation de la pression sur les ressources en eau – recours à l’utilisation des ressources en eau non   conventionnelles.

4- Rôle de la société civile dans la gestion   et l’économie de l’eau.

Les communications ont été suivies par des débats riches et fructueux entre les professionnels des secteurs de l’eau et de l’agriculture avec les agriculteurs de la région du Ziban.

Organisation de sorties sur terrain 

L’après-midi de la journée du 16 et la journée du 17 novembre 2017 ont été consacrées aux sorties sur terrain, dont le choix a
porté sur les zones agricoles de :

  • Deux (2) palmeraies dans la zone de Tolga (irrigation moderne et e traditionnel).
  • Deux (2) parcelles de céréaliculture dans la région de Doucen, (système d’irrigation par aspersion et l’autre par le gravitaire).

 

Programme de la journée

Mercredi, 16 novembre 2016 – Matinée
8h00-8h30 ·         Enregistrement des participants
Cérémonie d’ouverture de la journée
·         M. Le Chef de la Daïra de Tolga

·         M. Le Président de la Chambre d’agriculture de la wilaya de Biskra.

·         M. Le DG de l’AGIRE

·         Projection d’un film de 13 mn sur l’irrigation (INVA).

Animateur

des travaux

Mohamed Ridha MESSAK, Spécialiste en agronomie saharienne et Professeur à l’université Mohamed Khider Université de Biskra.
   Thème I :               ÉVALUATION DES RESSOURCES EN EAU MOBILISÉES. Intervenants
09h00-09h30 Quantités d’eau mobilisées et utilisées dans l’activité agricole de la wilaya de Biskra (Diagnostic et  contraintes) – M.L.BENBRAHIM (ABHSahara)

– M.A.ABDI (DRE Biskra)

Thème II :           VALORISATION DES RESSOURCES EN EAU SOUTERRAINES Intervenants
 10h00-10h30 (Économie d’eau, modes d’irrigation, Gestion efficiente de la ressource, perspectives de développement) – M.BOUCHKIOUA (ITIDAS)

– M.BELKACEM (INVA)

Thème III :           ATTENUATION DE LA PRESSION SUR LES RESSOURCES EN EAU – RECOURS A L’UTILISATION DES RESSOURCES EN EAU NON   CONVENTIONNELLES. Intervenants
11h00-11h15 Réutilisation des eaux usées épurées pour l’irrigation. – M.DEBABECHE (Univ. de Biskra)
Thème IV :         RÔLE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DANS LA GESTION   ET L’ECONOMIE DE L’EAU. Intervenants
11h15-11h30 Economie de l’eau dans l’usage agricole.

Expérience de l’irrigation d’une palmeraie par une association d’irriguants

– Dr H.BENGUERINA (Association EAU)

– M.CHEIBOUB (Association Sidi-Okba)

11h15-11h30 Pause café
11h30-13h00 Débats
13h00- 13h15 Lecture de la synthèse des travaux et clôture de la journée
13h15-14h00 Déjeuner
Mercredi, 16  novembre 2016- après midi  (Visites de deux palmeraies à Tolga et Lagurouss)
14h00-15h00 Visite d’une palmeraie de 1ha à Tolga , avec la pratique de l’irrigation traditionnelle (en  gravitaire)
15h00- 17h00 Visite d’une palmeraie de 2 ha à Laghrouss, avec la pratique de l’irrigation moderne (en goutte à goutte) .
Fin des travaux de la première journée
Jeudi, 17 novembre 2016, matinée – (Visites de deux champs céréaliers à Doucen)
08h00-10h00 ·         Visite d’un champ céréalier de 4 ha, à Doucen, avec la pratique de l’irrigation moderne (en aspersion)
08h00-10h00 ·         Visite d’un champ céréalier de 3 ha, à Doucen, avec la pratique de l’irrigation traditionnelle (en gravitaire)
12h30-14h00 Fin des travaux de la deuxième journée

 

RAPPORT DE SYNTHÈSE

La wilaya de Biskra réitère  son leadership dans le domaine agricole et hydraulique en optant pour l’adhésion à la nouvelle politique du secteur des ressources en eau et de l’environnement, en matière d’économie de l’eau.

Les travaux de la rencontre pilote organisée les 16 et 17 novembre 2016 au niveau de l’institut de la formation professionnelle à Tolga, démontrent l’existence d’une plate-forme commune chez les différents acteurs des secteurs concernés quant à la mise en place d’une stratégie de préservation et de valorisation de ressources en eau dans l’objectif d’assurer une meilleure efficience et productivité du m3 d’eau destiné à l’agriculture.

Cette journée a le mérite d’avoir regroupé un ensemble de partenaires diversifiés, la communauté scientifique, les acteurs de l’eau et de l’agriculture, les usagers agricoles, ainsi que, les représentants de la société civile.

Longtemps considéré comme une ressource naturelle, inépuisable, facilement accessible, l’eau avec sa rareté et sa vulnérabilité, est au cœur des enjeux de développement durable et constitue même un déterminant essentiel de la stratégie du pays.

Dans ce contexte, toutes les synergies et les initiatives doivent aujourd’hui converger vers un objectif majeur de durabilité de la ressource en eau, loin de toute forme d’utilisation abusive et incontrôlée, notamment dans le secteur agricole gros consommateur d’eau.

Face au défis de satisfaction optimale des besoins en eau des secteurs des activités économiques, à court, moyen et long termes, le secteur des ressources en eau et de l’environnement, a tracé un programme ambitieux d’information et de sensibilisation, qui s’adresse à toutes les catégories des usagers de l’eau, et vise un double objectif :

  • Faire prendre conscience aux différentes catégories d’usagers de faire de l’eau sur la nécessité d’économiser l’eau.
  • Susciter de nouveaux reflexes dans ce sens et de créer des habitudes pour usage rationnel et sage de cette ressource vitale.

Par rapport à ces objectifs, la journée d’informations et de sensibilisation destinée aux agriculteurs de la wilaya de Biskra, est une bonne opportunité pour engager, avec pragmatisme, un processus de gestion intégrée des ressources en eau dans les régions sahariennes, et ceci, par la création d’une passerelle d’échange et de synergie entre les scientifiques, techniciens, et acteurs de l’eau, en vue de développer des thématiques efficaces d’intervention dans le domaine de l’eau, pouvant contribuer à l’atténuation de la déperdition de la ressource dans le secteur agricole.

S’agissant des recommandations, issues des exposées des communicants, ainsi que des débats entres les participants, il est mis en accent les solutions et mesures préconisées, à savoir :

Au plan des objectifs 

  • La situation critique actuelle des réserves souterraines et globalement, la non-rationalité voire le gaspillage caractérisant l’exploitation des aquifères aux fins de l’irrigation agricole dans la wilaya de Biskra, nécessitent un sursaut citoyen et un éveil des consciences à la problématique du  tarissement des réserves en eaux non-renouvelables dans l’optique de la mise en place d’une stratégie innovante d’exploitation rationnelle et efficiente des ressources en eau
  • L’homme est le principal pivot du changement à venir. L’agriculteur « Biskri » d’aujourd’hui, digne descendant des anciens agriculteurs sahariens dont le génie de l’adaptation du palmier dattier et des techniques ingénieuses de partage de l’eau a gagné la bataille de l’intensification des cultures maraichères et phoenicicoles dans la région des Ziban. Il doit à présent s’impliquer pleinement dans la politique nationale de gestion participative et économe de la ressource en eau.
  • La généralisation des expériences locales en matière de gestion de la demande en eau est devenue une nécessité absolue. Cette expérience basée sur les comités et coopératives d’irrigants créera un médiateur professionnel et un interlocuteur responsable vis-à-vis des autorités.
  • Les méthodes et systèmes d’économie d’eau doivent être une partie intégrante et opérationnelle du système d’irrigation. Il s’agit à présent d’en faire un usage quotidien et de renforcer la maitrise technique des agriculteurs par des moyens didactique adaptés.
  • L’organisation, l’intensification et la généralisation méthodique des campagnes d’éducation, de sensibilisation et de vulgarisation agricoles dans les parcelles et périmètres agricoles est un impératif.
  • La refonte du système de délivrance des autorisations de forages doit inclure un volet technique  lors du dépôt de demande.
  • L’incitation à l’usage de cultures, semences et plants nécessitant moins d’eau et adaptés à la rareté doit être accompagnée d’une mise en œuvre des solutions techniques et de l’accompagnement des instituts de recherche universitaire et appliquées y compris la généralisation des bulletins météorologiques destinés aux agriculteurs dans chaque région.
  • Envisager la généralisation de l’usage des plantes filtrantes en milieu urbain et agricole afin d’assurer un passage progressif à la réutilisation des eaux épurées.
  • L’encouragement de l’usage des eaux usées épurées comme alternative aux eaux souterraines après une large campagne de vulgarisation et d’initiation des agriculteurs.
  • La réhabilitation des forages abandonnés pour pallier au stress hydrique des zones phoenicicoles de la wilaya de Biskra en incluant des mesures de collecte des eaux de surface par l’épandage des crues dans le cadre d’une politique d’économie et de préservation des ressources en eau et de développement durable.

Au plan institutionnel

L’agence de bassin hydrographique Sahara, en coordination avec l’AGIRE, est une institution pérenne privilégiée, pour l’organisation de rencontres, permettant d’assurer des mécanismes de concertation regroupant les principaux acteurs de l’eau et l’agriculture, en vue de préconiser des solutions adéquates pour une gestion efficace et durable des ressources en eau dans région de Biskra.

Photo souvenir de l’ensemble des participants au sein d’une palmerie à Doucen

Article sur la journée

EL Watan le 23.11.16 |

L’agence du bassin hydrographique Sahara lance sa nouvelle stratégie d’économie de l’eau d’irrigation depuis Tolga

Plaidoyer pour un sursaut écocitoyen

Organisée les 16 et 17 novembre 2016 à Tolga, la rencontre pilote ayant regroupé les principaux acteurs du secteur de l’eau et ses usagers, en l’occurrence les agriculteurs et comités d’organisation des irrigants, a démontré l’existence d’une plate-forme commune chez les différentes parties concernées par la mise en place de la nouvelle politique de préservation et de valorisation des ressources en eau, dans l’objectif d’assurer une meilleure efficience et productivité de l’agriculture.

Les recommandations et préconisations ont surtout concerné la mise en place de mesures spéciales dans la wilaya de Biskra, comptant quelque 45 000 agriculteurs, spécialement la daïra de Tolga, dont la situation actuelle de surexploitation des aquifères a conduit à la diminution des niveaux des nappes, au stress hydrique par endroits et au tarissement des réserves souterraines.

Le gaspillage a été pointé du doigt et les agriculteurs appelés à un sursaut citoyen et à un éveil des consciences à la problématique du tarissement des réserves en eau non renouvelables, dans l’optique de la mise en place d’une stratégie innovante d’exploitation rationnelle et efficiente des ressources en eau.

Cette nouvelle approche fait de l’homme le principal pivot du changement à venir. L’agriculteur «biskri» est ainsi mis au centre de l’intérêt de l’Agence du bassin hydrographique du Sahara ABHS, qui, sous l’égide de l’Agence de gestion intégrée des ressources en eau, Agire, met en place une série d’actions de sensibilisation pour l’impliquer dans la gestion participative et économe de la ressource en eau.  Les participants ont également souligné l’importance de la généralisation des expériences locales en matière de gestion de la demande en eau ou des comités et coopératives d’irrigants pourront s’imposer comme des médiateurs professionnels vis-à-vis des autorités.

Valorisation des expériences

Autre nouveauté, la mise en place de méthodes et systèmes d’économie d’eau comme partie intégrante et opérationnelle du système d’irrigation, en renforçant la maîtrise technique des agriculteurs par des moyens didactiques adaptés lors des prochaines campagnes d’éducation, de sensibilisation et de vulgarisation agricoles dans les parcelles et périmètres agricoles.

Le directeur des ressources en eau de la wilaya de Biskra a pour sa part proposé la refonte du système de délivrance des autorisations de forage en incluant un volet technique lors du dépôt de la demande. Pour ce faire, l’usage de cultures, semences et plants nécessitant moins d’eau et adaptés à l’aridité a été recommandé avec un accompagnement à la mise en œuvre des solutions techniques par des instituts de recherche universitaire et appliquée.

L’idée concerne également la généralisation des bulletins météorologiques destinés aux agriculteurs dans chaque région du Sahara.
C’est d’ailleurs dans ce sens qu’une équipe de chercheurs de l’université de Biskra ont expérimenté l’usage de plantes filtrantes en milieu urbain et agricole afin d’assurer un passage progressif à la réutilisation des eaux épurées.

Une introduction de cette technique a semblé plaisante pour les agriculteurs, généralement sceptiques au recyclage des eaux usées dans l’irrigation après épuration.

Les agriculteurs de Doucen et Ouled Djellal ont quant à eux proposé l’équipement des forages et puits abandonnés pour pallier le stress hydrique des zones phœnicicoles de la wilaya de Biskra en incluant des mesures de collecte des eaux de surface dans le cadre d’une politique d’économie et de préservation des ressources en eau et de développement durable.