30 MAI 2017

معرض الصحافة ليـوم : 30-05-2017

 

 

 

GANOUN DJOUDI, directeur des services agricoles de Bouira
«Créer une troisième récolte de pomme de terre»

La wilaya de Bouira, à vocation agricole, tente de diversifier ses ressources dans le secteur, en multipliant
les filières. Avec l’élargissement des périmètres irrigués, cela est désormais possible, avec en objectif la
création d’une troisième saison dite «primeur» pour la pomme de terre. C’est ce qu’explique le premier
responsable de la DSA de Bouira à travers cet entretien.
La Dépêche de Kabylie : Peut-on dire qu’avec l’élargissement des périmètres irrigués, les superficies
agricoles sont exploitées à 100%? M. Ganoun Djoudi : Oui, actuellement, et selon le programme tracé,
l’ensemble des périmètres irrigués est opérationnel, Il reste juste une partie du côté de M’Chedallah,
environ 1 600 hectares, qui doit être irriguée à partir du transfert d’eau du barrage de Tichy-Haf dans la
wilaya de Béjaïa. Celui-ci a connu certaines oppositions de la part de propriétaires terriens dans la wilaya
de Béjaïa. Mais concernant les travaux au niveau de la partie relevant de Bouira, ils sont quasiment
achevés. Il reste juste le raccordement sur le tronçon de Tichy-Haf. Au niveau d’El Esnam, le périmètre
est fonctionnel à 100% , à Ain Bessem il y a une réhabilitation du périmètre et cette opération tire à sa fin,
on peut dire que le taux actuellement est à 80% . Les superficies qui sont irriguées à partir des trois
barrages de Tilesdit, Oued Lekhal et Koudiet Acerdoune avoisinent les 8 000 hectares. Au niveau de
Koudiet Acerdoune, dans les localités de Lakhdaria et Kadiria, les superficies sont irriguées à partir des
lâchers d’eau du barrage. Nous tenons à remercier les responsables du ministère des Ressources en Eau,
car à chaque fois que nous avons formulé une demande d’approvisionnement en eau pour l’irrigation, ils
nous l’ont accordé. Ce qui veut dire que nous disposons d’eau pour l’ensemble des périmètres, soit près
de 27 millions de m3 par an. Il faut que les agriculteurs comprennent cependant que cette eau doit être
utilisée rationnellement, en privilégiant l’irrigation le soir ou le matin, en évitant les heures de grandes
chaleurs, c’est-à-dire entre 11h et 17h. C’est le moment de la journée où la chaleur cause une très forte
évapotranspiration. Nous tenons d’ailleurs des réunions de travail avec les responsables de l’ONID, de la
DRE, pour leur expliquer ce phénomène. Nous avons également fait des journées techniques au profit des
agriculteurs pour leur permettre de connaitre les bienfaits de l’utilisation d’une eau de manière rationnelle
et au moment opportun. La wilaya de Bouira recèle des potentialités hydriques très importantes, et rares
sont les wilayas qui disposent de trois barrages. Cette année nous avons d’ailleurs utilisées des irrigations
d’appoint pour les céréales. Toutefois, il faut toujour s sensibiliser les agriculteurs pour qu’ils apprennent
comment rationnaliser l’utilisation de cette ressource en évitant le gaspillage. Cette année, la wilaya de
Bouira a bénéficié d’une bonne pluviométrie. A partir du mois d’octobre 2016 jusqu’à avril 2017, on a eu
près de 475 millimètres. Avec cette quantité de pluie, il y a eu une très bonne répartition, surtout
concernant le cycle végétatif de la céréale. Il y a eu des précipitations au mois d’octobre ce qui a permis
une bonne préparation du sol, après au moment des semis, ensuite à la végétation, à la montaison et pour
le grossissement du grain. On peut dire que nous sommes satisfaits de la répartition et de la quantité d’eau
de pluie, ce qui laisse présager une excellente saison avec un meilleur rendement par rapport aux autres
années précédentes. Selon les estimations, on peut dire que pour les blés on dépassera les 30 quintaux à
l’hectare, ce qui n’est pas le cas des années précédentes où l’on avait entre 18 et 19 quintaux seulement.
Pour ce qui est des rendements, on vient juste de commencer à faire de l’échantillonnage, d’ici le milieu
du mois de juin on aura des estimations de rendements exactes. Il y a des équipes à pied d’oeuvre
actuellement et des sites ont été choisi par satellite à travers toute la wilaya, nous n’aurons qu’a faire des
recherches de ces points par GPS. Les dernières statistiques démontrent que la wilaya de Bouira est
classée 14ème à l’échelle nationale en matière de rendement en céréales. Cette année pour ce qui est de la
campagne moisson-battage, on a mis en place un dispositif, avec tous les partenaires : la CCLS, la
BADR… Il y a eu l’installation du comité de suivi par arrêté de M. le wali qui permettra de prendre en
charge la durée de toute la campagne céréalière. Les agriculteurs, cette année, ont bénéficié des engrais à
prix référentiels de 20% , ils ont aussi bénéficié des crédits pour l’achat des intrants. Le nombre de
dossiers RFIG passés devant le comité est de 571 dossiers, ceux-ci auront à prendre les intrants, engrais,
semences et autres produits auprès de la CCLS et rembourseront après avoir récolté leurs produits. D’une
manière générale, on peut dire que cette année est une bonne année. Où en est-on avec la culture de la
pomme de terre ? La superficie réservée annuellement à la pomme de terre au niveau de la wilaya de
Bouira est de 5 000 hectares. 3 000 hectares pour ce qui est de l’arrière-saison et 2000 hectares pour celle
de saison. Il y a deux périodes pour la récolte, et nous, en tant que techniciens, nous sommes en train de
sensibiliser les agriculteurs pour créer une troisième saison qui sera celle de la pomme de terre primeur.
La région de Bouira est une région gélive, mais ces dernières années on a constaté qu’il y avait moins de
gelée. Durant cette période où il n’y a plus de pomme de terre, nous avons recours au déstockage du
SYRPALAC. C’est pour cette raison qu’avec l’adhésion des producteurs de pomme de terre nous allons
créer une autre saison destinée à la pomme de terre primeur. On a fait des regroupements pour leur
demander de décaler légèrement l’arrière-saison par rapport à la saison pour créer cette période
intermédiaire qui sera propice pour la primeur. Une saison qui se situera entre la fin janvier et la fin du
mois d’avril. C’est à ce moment qu’il y a un certain flottement de pomme de terre et c’est pour cela que le
ministère de l’Agriculture à tendance à aller vers le déstockage de la production des tubercules auprès du
SYRPALAC. Comme vous le savez, la wilaya de Bouira est toujours retenue pour le programme national
alimentant les stocks de régulation de pomme de terre, durant les périodes charnières. Cette année, nous
avons eu près de 80 000 tonnes de pommes de terre stockées. Nous avons épuisé le stock il y a de cela
une dizaine de jours et cette opération de déstockage a joué positivement son rôle pour la régulation des
prix. Après un pic de 80 dinars durant cette jonction entre les deux productions et aujourd’hui, la pomme
de terre fraiche de saison fait 40 DA. Pour ce qui est des arrachages de la semence pour la saison, nous
allons entamer le tri sur la parcelle. Une partie sera réservée pour le renforcement du marché pour
consommation et celles de calibre moyen, et selon les normes techniques de semence, sera stockée pour
l’arrière-saison. Au niveau de la wilaya de Bouira, on a 11 semenciers, établissements de semences et plus
d’une quarantaine de producteurs, avec certains qui font jusqu’à 200 hectares de pomme de terre.
D’ailleurs, nous sommes classés 6ème à l’échelle nationale en matière de production de ce tubercule. Et
concernant la place de l’olivier ? Pour l’olive, la wilaya de Bouira est bien lotie avec un potentiel estimé à
plus de 37000 hectares d’oliviers à travers toute la wilaya, dont 27 000 hectares en production. Cette
année, la production d’huile était de l’ordre de 7 millions d’hectolitres. Toutefois, l’oléiculture se fait de
manière ancestrale et c’est pour cela qu’à chaque fois nous organisons des journées de sensibilisation et
de vulgarisation au profit des oléiculteurs afin de mener à bien l’entretien de leurs vergers et parfaire la
production oléicole. Il faut faire de telle sorte que l’on produise une meilleure huile.
De la récolte, en passant par les conditions de stockage, les conditions de trituration et les conditions de
conditionnement de l’huile et dans quels contenants sont autant d’étapes qui doivent être revues et
améliorées. Il y a encore beaucoup d’efforts avant de parvenir à notre objectif qui est d’avoir une huile de
qualité à Bouira. On a essayé de créer au niveau de certains centres de formation professionnel des
journées de formation au profit des personnes intéressés par ce créneau oléicole. Nous avons choisi ces
centres pour éviter des déplacements coûteux aux oléiculteurs et je remercie la DFP, ainsi que M. le wali
pour ses orientations, afin que l’on puisse toujours se rapprocher au maximum des populations. C’est
pour cela qu’on a essayé d’organiser ces journées de formation à l’échelle locale au profit des producteurs
d’olives. Des journées de vulgarisation ont également été organisées au niveau des APC, avec
l’encadrement de la DSA, pour les sensibiliser sur l’entretien des vergers et sur la récolte et la trituration.
Cela a payé, puisque pour cette année nous avons eu des rendements d’huile d’olives avec des pics
variant entre 27 et 30 litres par quintal. Il y a donc 10 000 hectares d’oliviers qui ne sont pas encore
productifs ? Ces derniers années, il y a eu des plantations d’oliviers, une campagne menée depuis 2013 à
ce jour, avec près de 10 000 hectares plantés, dont 47 000 oliviers rien que pour cette année, et ce à
travers plusieurs communes de la wilaya. Ce qui fait que leur production n’a pas encore commencé, il
faudra attendre 6 à 7 ans avant de pouvoir faire des récoltes d’olives sur ces arbres. C’est cela qui
explique la différence entre le parc oléicole actuel évalué à 37 000 hectares, dont 10 000 nouvellement
plantés, et les 27 000 hectares en production. Entretien réalisé par Hafidh Bessaoudi

DES INDICES ENCOURAGEANTS POUR LA PRODUCTION DU QUINOA
AU SUD
La production du quinoa, considéré comme une pseudo-céréale au regard de ses
utilisations culinaires a enregistré ces dernières années, en milieu oasien, des résultats
jugés « encourageants » avec un « bon » rendement, estiment des cadres de l’antenne
d’Ouargla de l’Institut technique du développement de l’agronomie saharienne (ITDAS).
Pratiquée à titre expérimental au niveau de quatre fermes de démonstration et de
production de semence (FDSP) de l’ITIDAS, implantées à travers les régions de Ain Ben
Noui (Biskra), El-Arfiane (El-Oued), Sebaa (Adrar), El-Abadla (Bechar) et Hassi
Benabdallah (Ouargla), la production de cette espèce, utilisée également comme un
aliment de bétail, avait atteint, l’année dernière, un rendement oscillant entre 40 et 20
quintaux à l’hectare, sachant que toutes les conditions naturelles requises sont réunies pour
le cultiver, précise-t-on à l’APS.
Originaire des Hauts plateaux des Andes en Amérique du Sud, le quinoa est une plante
herbacée de la famille des amarantacées, pouvant être cultivé à différentes altitudes
jusqu’à 4.000 mètres du niveau de la mer et à des températures allant de -4 à + 38 C. Il se
caractérise aussi par sa résistance et son adaptation à différents types de climat, en plus sa
croissance à des sols salés et alcalins, fait-on savoir.
Le quinoa est un aliment à valeur nutritionnelle, au vu de sa richesse en matière d’acides
aminés essentielles, vitamines et calcium, comme il est dépourvu de gluten, selon la même
source.
Introduite en Algérie, au titre d’un projet de coopération entre le Ministère de l’agriculture,
du développement rural et de la Pêche et l’Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette culture, appelée à valoriser les eaux d’irrigation
en milieu oasien, pourra jouer un rôle important dans la sécurité alimentaire.
A l’instar d’autres institutions nationales ayant différentes caractéristiques agro-écologiques,
l’ITDAS (basé à Biskra) s’emploie à encourager la pratique de cette nouvelle culture chez les
agriculteurs locaux, tout en assurant leur accompagnement technique, signale-t-on de même
source.