20 Juillet 2017

معرض الصحافة ليوم: 20/07/2017

Ces fontaines auxquelles nous devons tout:
De l’eau minérale gratuite dans les villages

Les fontaines ne peuvent pas remplacer, en débit, les réseaux d’AEP. Il faut bien s’entendre sur ce
point avant de poursuivre la visite qui nous guidera surtout sur les hauteurs des communes du
littoral qui souffrent le martyre à cause de la gestion des réseaux de distribution et de leur état
défectueux.
Plus l’été avance plus des fontaines ruisselantes apparaissent à travers les villages. En fait, elles ont
toujours été là, mais on ne les voit que lorsque la soif a atteint les limites du supportable. Pas la
peine d’attendre éternellement ces gouttes incertaines du robinet. Il faut juste aller, muni de
quelques jerrycans, dans ces nombreux villages où se trouvent ces sources paradisiaques. Elles sont
nombreuses et la nouvelle de leur existence se propage à une vitesse invraisemblable. L’on vient de
toutes parts, chercher de l’eau minérale aux vertus médicinales avérées. Et c’est gratuit.
Ce qui est, en plus surprenant, c’est l’accueil des villageois. Soucieux du bien-être des hôtes en
quête d’eau, les villageois s’organisent pour répartir la source équitablement entre eux et les
passants. Une visite à plusieurs villages s’est donc imposée à nous. Il fallait absolument voir de près
ces sources qui ont jailli en cette période de pénurie d’eau. Les fontaines ne peuvent pas remplacer,
en débit, les réseaux d’AEP. Il faut bien s’entendre sur ce point avant de poursuivre la visite qui
nous guidera surtout sur les hauteurs des communes du littoral qui souffrent le martyre à cause de la
gestion des réseaux de distribution et de leur état défectueux. Ce qui est cependant certain, c’est que
ces fontaines dissimulées généralement sous les taillis assurent de l’eau à des milliers de foyers et
aux milliers d’autres citoyens qui viennent de partout en charger. De l’eau à boire seulement, mais
une eau d’une qualité divinement supérieure.
Sur place on retrouve des véhicules venus des wilayas limitrophes comme Alger, Boumerdès,
Bouira, Béjaïa, Blida et Tipasa. La fontaine se trouve au village Azrou Bwar situé dans la commune
de Mizrana, une cinquantaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. Ce
village martyrisé par l’histoire, mais gâté et dorloté par la nature, se trouve sur le pic du mont
Mizrana. Il est connu sous l’appellation de «La Crête». C’est en effet, un village typiquement
méditerranéen. C’est à l’entrée de ce village que se trouve la fontaine sous des arbres au feuillage
dense. A cette ombre qui ne disparaît jamais, la température reste toujours clémente. «Cette
fontaine, j’ai l’impression qu’elle coule directement du paradis.

Elle est incroyable. Son eau est d’un goût inqualifiable» reconnaît, étonné, un homme entouré de
ses enfants. Il était en train de remplir quelques jerrycans. Approché, un vieux du village chargé
d’orienter les visiteurs nous dira que la fontaine, même améliorée architecturalement par les
Français, au XVIIIe siècle, est ancestrale. Ce sont les villageois qui l’ont utilisée depuis plusieurs
siècles. Son eau possède des vertus médicinales incontestables. Les expériences ont démontré
qu’elle guérit un grand nombre de maux», affirme-t-il. La file s’allonge surtout durant l’après-midi.
Le village se remplit de véhicules. «Les gens viennent de partout prendre un peu d’eau. Les
citoyens des villages limitrophes ne consomment que l’eau de cette fontaine.
«Ça fait quelques années que je ne bois l’eau que de cette fontaine. Je me sens très bien. Toute ma
famille en consomme», témoigne un citoyen de Boudjima qui affirmait venir chaque semaine se
servir. A Ouaguenoun, les citoyens se transmettent la bonne nouvelle de bouche à oreille depuis le
début de l’été. Une source a jailli au village Iboubkren. Son eau est d’un goût superbe. L’on arrive
des villages de toute la wilaya, voire de Boumerdès et d’Alger. «Je viens chaque semaine en fin
d’après-midi. Cette eau est divine. Je n’ai plus besoin d’attendre celle du robinet.
L’eau des robinets est rare, mais à présent on ne l’utilise que pour les besoins ménagers pour la
douche, les toilettes et la vaisselle», témoigne un homme qui remplit des jerrycans stockés dans sa
voiture. A travers les communes, des fontaines sont ressuscitées par les villageois. La soif peut
aisément être étanchée avec ces sources. Les réseaux d’AEP n’alimentent que les autres besoins.
Les fontaines sont à la mode en ces jours de canicule et de vaches maigres, en matière d’eau
potable. Notre périple ne s’arrête pas là car nous continuerons à découvrir d’autres sources dans
d’autres villages, dans les prochains jours.
Les fontaines des ancêtres renaissent toujours afin de secourir même ceux qui disent qu’ils ne
boiront jamais de leur eau.

Alimentation en eau potable en Algérie:
« Elle connaît une amélioration significative »

Il a été relevé cependant que des perturbations et des difficultés subsistent toujours, notamment dans
certaines régions.
L’opération de l’alimentation en eau potable en Algérie s’est fortement améliorée. C’est ce qui
ressort du bilan établi par l’Algérienne des eaux (ADE). Celui-ci note que tous les indicateurs
évoluent positivement. Il a été relevé cependant que des perturbations et des difficultés subsistent
toujours, notamment dans certaines régions. Selon ce même bilan, ces difficultés localisées ou
conjoncturelles surviennent dans des villes qui sont encore à ce jour caractérisées par ces
perturbations.
Ce, en raison de l’insuffisance de la ressource, de l’insuffisance des installations, ou les deux; soit
des petites localités et des communes non encore gérées par l’ADE. Il a par ailleurs été porté à notre
connaissance, que des projets d’envergure sont en cours de réalisation pour pallier aux défaillances
dans certains grands centres urbains, comme Mascara, Sétif, Bordj Bou-Arréridj, Mascara, Blida et
Médéa. Dans d’autres wilayas, la complexité du relief et l’organisation territoriale compliquent
l’alimentation en eau potable. La wilaya de Tizi Ouzou compte ainsi le quart du Parc national de
stations de pompage. Pas moins de 80 chaînes de distribution y sont dénombrées, avec des pressions
dépassant les 60 bars.
«Malgré ce dispositif gigantesque, des points noirs persistent», a déclaré le ministre des Ressources
en eau, Hocine Necib. Pour ce dernier «les défis restent importants», en dépit des capacités de
stockage de huit milliards de mètres cubes que procurent les 75 barrages existants, auxquels
s’ajouteront d’ici 2018 neuf nouveaux barrages offrant des capacités supplémentaires de 500
millions de mètres cubes.
Les stations de dessalement fournissent, quant à elles, 2,1 millions de mètres cubes par jour. Les
indicateurs sur le raccordement des réseaux (98%), la dotation quotidienne et la qualité de l’eau
évoluent de manière sensible. On a souligné que dans 27 wilayas, la dotation dépasse 200 litres par
jour et par habitant. Il est indiqué en outre que 38% des Algériens reçoivent de l’eau en H24, et 73%
au quotidien. Pour le ministre, malgré ces résultats «il y a encore une marge de progression assez
importante pour l’amélioration et la modernisation du service public de l’eau potable», ajoutant que
désormais il est nécessaire de mieux distribuer l’eau disponible. Il est vrai que les coupures d’eau
sont un phénomène récurrent.
Cela devient d’autant plus infernal quand ça arrive en été. Pas plus tard qu’au début de juillet en
cours, des coupures d’eau sont survenues dans plusieurs régions. Après la canicule qui a sévi, cette
période a été ponctuée par un taux très important d’évaporation d’eau des barrages, particulièrement
ceux de l’est du pays.